04/16/2012

Belgian prisons: prisoners mistreated

Arbeit Macht Frei.gifArbeitMachtFrei2.jpgThe minister of Belgian justice, Annemie Turtelboom (Open VLD, Liberal Party), says that the more than 10.000 Belgian prisoners have 'the right to work'.  

It is in this way that the minister and its political party, which preaches a 'zero tolerance against criminality', wants to attract large companies to prisons.

The companies need cheap labor forces without they have to pay social security costs.

The 'right to work' is almost the only right that Belgian prisoners will have. They don't have any other rights as a result of the fact that the so called prison law is not applied.  

There is no form of control about what is going on in prisons. And the authorities are not interested in prisoners' rights.

So most prisoners are systematically victim of abuse of power, inhuman treatment and arbitrary sanctions taken by the prison managers.  

There are so much prisoners in Belgian prisons that a part of them was deportated to the prison of Tilburg in the Netherlands.

In the prison of Turnhout (Flanders) where there is only room for 120 prisoners, there are 210 prisoners for te moment so that a part of them are sleeping on mattresses on the floor.

Many prisoners are only detained in custody.

Minister Turtelboom claims that she wants 'to fight the overpopulation in prisons' but at the same time, she and the chairman of the liberal Party Alexander De Croo, announced a 'zero tolerance against crime'.   That will increase the number of prisoners. The minister has already announced that she wants to build new prison cells.

Both the Minister and her party chairman said they are 'against impunity' but at the other hand they allow that the prison law is constantly violated and that prisoners, which don't have rights, are mistreated.

Photo: 'Arbeit Macht Frei' was the inscription on the front gate of Dachau. All camp prisinors passed through this gate and read the inscription. Translation: "work brings freedom" or "work shall set you free"

04/09/2012

Erreur judiciaire: les frères Konhu, le rocher de Kanumera (8/4/2012)

Le rocher de Kanumera. L’erreur judiciaire
Un document de Guillaume Maury



Elle était partie seule, à la découverte de l’une des plus belles baies du monde. Mika Kusama ne quittera jamais l’Ile des Pins, en Nouvelle-Calédonie. En mai 2002, le corps de cette touriste japonaise de 29 ans a été retrouvé sur le rocher de Kanumera. Calciné, en partie dénudé… Ce rocher était un lieu tabou. Personne ne pouvait y mettre les pieds, à l’exception de la famille Konhu. Alors quand la jeune Mika a été retrouvée brûlée, dans un cercle de pierres, tous les regards se sont portés vers les deux frères Konhu, des Kanaks au coup de poing facile… C’est la propriétaire du gîte qui donne l’alerte. Mika Kusama n’est pas rentrée dîner et elle n’a pas honoré sa balade en pirogue… La jeune Japonaise a beau être une baroudeuse, son absence est inquiétante. La gendarmerie organise des recherches. Le 6 mai 2002, son corps est retrouvé sur le rocher de Kanumera. La jeune femme est défigurée, calcinée, recouverte de pierres et de branchages. Crime rituel ? Le rocher de Kanumera n’est pas un endroit ordinaire. Il appartient aux Konhu, une très ancienne famille de l’Ile des Pins. Autrefois chef de tribu, elle ne règne plus aujourd’hui que sur son rocher, dont elle interdit formellement l’accès. Les gendarmes s’intéressent donc à ses gardiens, Didyme et Antoine, les seules personnes à pouvoir conduire des touristes sur le bloc de corail. Déjà connus des services de gendarmerie, les deux frères apparaissent vite comme des suspects idéaux. A l’Ile des Pins, tout le monde les montre d’ailleurs du doigt : ils n’ont pas participé aux recherches quand Mika a été portée disparue ; un témoin dit avoir vu Antoine en compagnie d’une Japonaise ; un autre affirme qu’il portait au doigt une bague identique à celle de Mika… Et l’on rapporte qu’il était constamment sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool ; il cherchait une femme ces derniers jours... Et puis, la pression est forte. Le tourisme, notamment japonais, est une des premières sources de richesse en Nouvelle-Calédonie. Alors, ce meurtre salit tout le monde ! Mais en garde à vue, les deux frères déstabilisent les enquêteurs. La culture kanak échappe aux rouages de l’instruction. Impossible, par exemple, de reconstituer l’emploi du temps des suspects, qui vivent au rythme du soleil, sans savoir précisément à quelle heure ils ont quitté les champs. Antoine et Didyme ne répondent pas clairement aux questions : l’un se mure dans le silence, l’autre raconte toute son histoire ancestrale, celle de son île et de son rocher. Les gendarmes n’obtiennent aucun aveu, mais restent convaincus qu’ils sont sur la bonne piste. D’ailleurs, toutes les autres s’effondrent au fil de l’instruction. Alors, les frères Konhu restent en détention provisoire. Comme les gendarmes, le juge d’instruction est persuadé de tenir les coupables, même si les analyses ADN ne décèlent aucune trace d’Antoine et de Didyme sur le corps de Mika ; même si les preuves matérielles manquent. Il renvoie les deux suspects devant la cour d’assises, pour meurtre. Le procès, doit avoir lieu en septembre 2005. En attendant, le clan Konhu s’organise et la défense prépare son dossier. Un comité de soutien se met en place, assisté par la Ligue des Droits de l’homme. Les avocats multiplient les demandes de remise en liberté pour Antoine, qui est maintenu en détention provisoire plus de trois ans. Et surtout, ils recherchent de nouveaux témoins, épluchent l’enquête, traquent ses failles… pour découvrir que des scellés n’ont jamais été expertisés ! Le président de la cour d’assises lance alors un complément d’enquête et reprend lui-même l’instruction. En avril 2007, cinq ans après le meurtre de Mika Kusama, le procès des frères Konhu s’ouvre enfin devant la cour d’assises de Nouméa. Antoine et Didyme comparaissent libres, devant une salle comble. Dans une ambiance électrique, leur défense revient sur les lacunes du dossier, et dénonce une instruction qui aurait été menée à charge. Les gendarmes sont violemment mis en cause par les avocats. Mais cela ne fait que partiellement basculer la cour. Antoine écope de 15 ans de prison et Didyme… est acquitté ! Aussitôt, le parquet et Antoine font appel. L’un de l’acquittement, l’autre de sa condamnation. Le second procès s’ouvre le 14 avril 2009. Après une heure et demie de délibération, le verdict tombe : cette fois, Antoine et Didyme Konhu sont tous les deux acquittés. Le clan Konhu pleure de joie. Les parents de Mika Kusama ne savent toujours pas qui a tué leur fille…

Intervenants


Capitaine Alain Carmona, brigade de recherches de Nouméa
Maître Jean-Yves Moyart, avocat d’Antoine
Maître Frédéric de Greslan, avocat de la famille de Mika Kusama
Adjudant Francesco Biedma, brigade territoriale de Kuto, Île des Pins
Philippe Frédière, journaliste, Les Nouvelles Calédoniennes
Lieutenant Soane Asi, Brigade de recherches de Nouméa
Abo, frère de Didyme et Antoine
Ambroise "Didyme"
Antoine
Docteur Jean-Luc Lehericy, expert psychiatre
Maître Jean-Jacques Deswarte, avocat d’Antoine
Maître Marie-Laure Fauché, avocate d’Ambroise "Didyme"
Christian Mésière, président de la cour d’Assises de Nouméa
Adjudant Eric Soustelle, brigade de recherches de Nouméa
Pierrick Chatel, journaliste, Les Nouvelles Calédoniennes
Jean- Paul Rufet, enquêteur de personnalité
Estelle Lavigne, ex-compagne d’Antoine
Jean- Michel Stoltz, président de la cour d’Assises de Nouméa
Dominique Rizet, journaliste.

http://f-e-a.probb.fr/t4139-163-les-freres-konhu-le-roche...