05/25/2012

Prisonniers belges: le droit à la santé ?

prison-voting_1374464c.jpg

La prison de Turnhout (Belgique) est si surpeuplée qu'un part des prisonniers dort sur des matelas sur le plancher d'une cellule qui est uniquement prévue pour 2 personnes.

Les Commissions de surveillance et le Conseil central de surveillance pénitentiaire ont été créés par l'arrêté royal du 4 avril 2003 modifiant celui du 21 mai 1965 portant règlement général des établissements pénitentiaires. Ces organes ont pour mission de contrôler les conditions de traitement réservées aux détenus et le respect des règles en la matière. Des observations doivent toutefois être rapportées au ministre de la Justice et au Parlement et des avis sont formulés sur les questions pénitentiaires.

Ces comités n'ont jamais fonctionné et le président du conseil d'administration de ces comités, Dr. Paul Cosyns, a démissionné parce qu'il ne pouvait plus accepter que le ministre de la Justice belge, A. Turtelboom (Parti libéral), ne donne aucune attention aux observations.

Droit à la santé : Droit à la santé Un enjeu de société

Ouardirhi Abdelaziz Albayane : 24 - 05 - 2012 
La promotion et la protection de la santé de l'ensemble des composantes de la population (hommes-femmes-enfants) est la condition sine qua non d'un progrès économique et social soutenu en même temps qu'elles contribuent à une meilleure qualité de la vie et à une véritable justice sociale. Tout le monde en convient, personne ne peut dire le contraire, c'est même une approche saine, responsable, courageuse qui démontre, si besoin est, que la santé est au centre de toutes les actions, de tous les projets, de toutes stratégies, et partant, de la réussite ou non de toute politique de développement digne de ce nom.
Mais que signifie exactement la santé ?
Que pouvons-nous dire à ce sujet ?
Qu'est-ce qu'être en bonne santé ?
L'organisation mondiale de la santé donne une définition de la santé qui est relativement ancienne, mais qui reste d'actualité : «la santé est un état de complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.
La possession du meilleur état de santé qu'il est capable d'atteindre constitue l'un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou social».
La Conférence internationale sur les soins de santé primaires réunie à Alma-Ata le 12 Septembre 1978 avait ajouté que la santé est un droit fondamental de l'être humain, et que l'accession au niveau de santé le plus élevé possible est un objectif social extrêmement important qui intéresse chaque individu, quels que soient son âge, ses moyens, sa maladie, son lieu de résidence. La santé est un droit fondamental qui est commun à toute l'humanité, il intéresse le monde entier et suppose pour sa mise en œuvre, pour sa réalisation, la participation de nombreux secteurs socioéconomiques autres que ceux de la santé.
Déclaration universelle des droits de l'homme
Le droit de l'être humain à la santé est consacré dans de nombreux instruments
internationaux , c'est ainsi que la Déclaration universelle des droits de l'Homme prévoit, au paragraphe 1 de son article 25: «Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires.
Comme on peut le voir, le droit à la santé est étroitement lié à d'autres droits de l'homme et dépend de leur réalisation, à savoir les droits à l'alimentation, au logement, au travail, à l'éducation, à la dignité humaine, système d'assainissement adéquat, un environnement sain et hygiénique, droit à la vie, à la non-discrimination et à l'égalité, le droit de ne pas être soumis à la torture, le droit au respect de la vie privée, le droit d'accès à l'information et les droits à la liberté d'association, de réunion et de mouvement. Ces droits et libertés, notamment, sont des composantes intrinsèques du droit à la santé.
Un droit individuel inaliénable
Dans le même ordre d'idées, les Etats parties au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) avaient reconnu que le droit à la santé c'est celui qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu'elle soit capable d'atteindre.
Pour le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (CODESC), principal organe qui contrôle le respect du droit à la santé au niveau international, la santé : «est un droit fondamental de l'être humain, indispensable à l'exercice des autres droits humains. Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé susceptible d'être atteint, lui permettant de vivre dans la dignité». (Mai 2000).
Depuis ces dates, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et personne n'ignore que la pleine jouissance du droit à la santé pour tous reste un objectif encore lointain. De plus, dans de nombreux cas, en particulier parmi les couches de la population vivant dans la pauvreté, le dénuement et parfois la misère cet objectif reste inaccessible. Mais dans la réalité de tous les jours, dans le vécu quotidien de chacun de nous, la réalité est toute autre. L'accès aux soins, l'accès aux médicaments ne sont pas les mêmes pour tous. Il y a ici et là des inégalités parfois flagrantes et très pénalisantes, ceux qui ont des moyens peuvent se permettre d'être correctement soignés, d'avoir accès à des compétences avérées, des spécialistes de renom, ils peuvent se permettre aussi les meilleures cliniques, les molécules de dernières générations et donc avoir plus de chance.
C'est une réalité qui ne saurait souffrir d'aucune ambigüité, personnellement, je le dis et je le répète, les riches sont mieux soignés que les pauvres, ils ont plus de chance de s'en sortir en cas de problèmes de santé. Les plus pauvres, celles et ceux qui n'ont rien sont les plus pénalisés. Cette situation n'est pas nouvelle, loin s'en faut, ce constat nous l'avons fait, il y a des dizaines d'années déjà. Et nous avons à maintes reprises attiré l'attention des différents responsables du département de la santé et des représentants de la nation sur certaines dérives qui politiquement, socialement et économiquement étaient inacceptables et constituaient de ce fait un sujet de préoccupation constante.
Les raisons d'espérer
Il ne s'agit pas de cacher le soleil avec un tamis comme on dit chez nous, il faut partir du principe que beaucoup de bonnes choses ont été réalisées, mais qu'il reste énormément à faire dans un domaine aussi complexe que celui de la santé et plus particulièrement de mettre cette même santé au service de tous.
Aujourd'hui, avec la nomination d'un nouveau ministre de la santé, qui est un médecin reconnu à l'échelon national et international par les plus grandes sommités du monde de la médecine pour ses grandes qualités humaines, professionnelles mais aussi pour ses grandes capacités d'écoute qui sont autant d'atouts et de préalables qui serviront à ne pas en douter pour redresser le secteur de la santé dans notre pays afin de le placer au niveau voulu par sa majesté le Roi Mohammed VI qui accorde un intérêt constant pour la santé de tous les citoyens marocains.
Aujourd'hui, beaucoup d'espoirs pointent à l'horizon et nous incitent à entrevoir l'avenir avec optimisme.
Le professeur Houcine Louardi a placé le droit à la santé pour tous nos concitoyens comme préoccupation constante de toutes ses actions, ce droit figure bien en place dans sa stratégie pour développer le secteur de la santé.
Ce droit à la santé comme l'a si bien démontré le ministre de la santé lors de ces différents exposés suppose :
Une meilleure disponibilité des installations des biens et des services ainsi que des programmes fonctionnels en matière de santé publique et de soins de santé.
La santé suppose aussi des éléments fondamentaux déterminants de la santé tels que l'eau salubre et potable et des installations d'assainissement appropriées, des hôpitaux bien équipés, des dispensaires, des centres de santé médicalisés, du personnel médical et des infirmiers (ères), qualifiés tout en insistant sur l'apport du secteur privé qui est important.
L'accessibilité est le deuxième élément qui représente l'ossature du droit à la santé, cela suppose que les installations, biens et services en matière de santé soient accessibles, sans discrimination à tous nos concitoyens en particulier aux groupes de notre population qui sont plus vulnérables.
La qualité doit être vécue au quotidien tant au niveau des soins, de l'accueil, les installations, biens et services en matière de santé doivent également être médicalement appropriés et de bonne qualité, ce qui suppose, notamment, des personnels de santé qualifiés, intègres, exemplaires mais aussi des médicaments en quantités suffisantes et du matériel hospitalier approprié.
L'égalité d'accès aux soins de santé et aux services liés à la santé est un aspect du droit à la santé sur lequel, il convient d'insister. Il s'agit de garantir aux personnes dépourvues de moyens suffisants l'accès à des soins de santé de qualité pour empêcher toute discrimination.
Le droit à la santé, c'est aussi le droit à un environnement naturel et professionnel sain, d'où la nécessité de mettre en place tous les moyens et toutes les mesures visant à l'amélioration des aspects de l'hygiène du milieu et de l'hygiène industrielle comprennent notamment les mesures de prévention contre les accidents du travail et les maladies professionnelles ( grâce à une médecine de travail plus rigoureuse ), et autres facteurs environnementaux nocifs pouvant avoir une incidence directe sur la santé de nos concitoyens telle la pollution au niveau des grandes villes.
Enfin, il s'agit de garantir à tous, aux personnes âgées, aux handicapés, aux femmes, aux enfants, aux chômeurs, le même droit, la même santé, les mêmes soins.
Pour atteindre tous ces objectifs et tant d'autres, tous les professionnels de santé (public-privé) se doivent de coopérer dans un esprit de solidarité et de service en vue de faire bénéficier des soins de santé l'ensemble de notre population. 

http://www.midipress.com/maroc/droit-a-la-sante-droit-a-l...

04/19/2012

Notre société est la victime de ceux qui nient tout droit des détenus

Sida et prison une catastrophe sanitaire annoncée

 

Entretien entre Marie-George BUFFET, Députée de Seine St Denis et Laurent JACQUA, ancien détenu, sur le thème du Sida en prison.

LAURENT, « Vous comprenez, la toxicomanie existe dans les prisons. A partir de là, il faut mettre les moyens nécessaires pour permettre aux prisonniers qui purgent leur peine de ne pas se contaminer. Se contaminer en prison, c’est une forme de double-peine ! ».DSC00995.JPG

MARIE-GEORGE BUFFET, « Je partage votre position. La contamination dans les prisons est une réalité qui doit être reconnue par tous et toutes. Comme s'accordent à le démontrer les instances nationales et internationales de lutte contre le sida, les programmes d'échanges de seringues et la mise à disposition de préservatifs sont des éléments de prévention essentiels. Notre pays devrait s'inspirer de leurs recommandations. »

LAURENT, « Les détenus ont des droits eux aussi. Les prisons ne doivent pas être des zones de non droits pour les détenus. J’ai commis des erreurs et la société m’a jugé pour cela, mais lorsque je suis arrivé en prison, j’ai été confronté à une violence quotidienne qui va au-delà de ce que les gens imaginent. Je me suis senti comme un sous-citoyen, sans aucuns droits. En 1991, le gouvernement de l’époque a autorisé un accès à l’échange de seringues en pharmacie mais en prison, la situation est bien plus compliquée, le taux de contamination y est six fois plus élevé qu’à l’extérieur et il y a une seringue pour cinq détenus ! Faute de distribution de seringues en prison, les personnes utilisent ce qu’elles ont ».

MARIE-GEORGE BUFFET, «  L'accès aux soins pour tous et toutes est un droit. L'égal accès à ce droit doit être garanti par l'Etat par le biais de mesures concrètes. La sécurité ne doit pas servir de prétexte pour priver les détenus de leur droit à la santé. Par ailleurs, à l'occasion de visites de centres pénitentiaires, j'ai pu constater que les personnels manquent de moyens pour mener des actions de prévention et de soin dans de bonnes conditions. La surpopulation carcérale s'ajoute à cela et constitue un facteur aggravant en matière de diffusion de l'épidémie ».

LAURENT, « Oui, parlons de la drogue. Nier la drogue en prison, c’est éviter d’y répondre. Tout le monde le sait mais aucun moyen n’est mis en place pour en gérer les conséquences ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « En premier lieu, il faut reconnaître la présence de la drogue en prison et agir pour limiter les conséquences de sa diffusion tant pour les détenus que pour les personnels. Mais à côté de cela, il faut mener des actions de prévention et de soin ambitieuses ».

LAURENT, « Une prison va s’ouvrir prochainement à Melun et un seul médecin sera présent pour 700 détenus ! Comment voulez-vous garantir des soins adaptés dans cette situation ? ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « Certains détenus ont besoin de soins spécifiques, mais ils ne bénéficient pas toujours de conditions d'accès appropriées à ceux-ci. Le sida est encore tabou dans les prisons. Certains évitent de regarder en face à cette situation, mais les élu-e-s politiques sont en responsabilité vis-à-vis des questions de santé en prison. C'est pour cette raison que j'ai tenu à évoquer le sujet à l'Assemblée nationale, car c'est l'un des lieux où des décisions peuvent et doivent être prises ».

LAURENT, « Nous n’attendons pas de la pitié mais l’accès à nos droits, comme tout citoyen ».

MARIE-GEORGE BUFFET, « La question de la reconnaissance des droits est primordiale dans la façon d'aborder le VIH-sida en prison. Vous vous battez dans cet objectif, je ne peux que partager ce combat ».

LAURENT, « J’ai eu de la chance si je peux dire car en prison, j’avais la lecture et l’écriture. C’est ce qui m’a aidé à sortir de prison ; c’est ce qui m’a permis d’éviter de sombrer comme tant d’autres. Pour ceux qui n’ont pas cette possibilité, je veux me battre car il faut changer cette situation dans les prisons. Ce n’est pas digne d’un pays comme la France ».

24.6.2011

http://laurent-jacqua.blogs.nouvelobs.com/tag/député%20as...